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vendredi 12 février 2016

Université de Bordeaux

Image illustrative de l'article Université de Bordeaux


Fondation: 1441, 1896, 2014

Dissolution: 1793, 1968

Type: Université publique (EPSCP)

Région: Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

Campus:Domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan 
                Pôle universitaire des sciences de gestion de Bordeaux Carreire, place de la Victoire                     Agen,
                Site universitaire de Périgueux


Président: Manuel Tunon de Lara

Enseignants-chercheurs: 2924

Etudiants: 50000

Affiliation: Communauté d'universités et établissements d'Aquitaine

Site web: http://www.u-bordeaux.fr/


L'université de Bordeaux compte près de 60000 étudiants et 4000 enseignants-chercheurs dans les domaines des sciences humaines et sociales, des sciences de la vie, des sciences de la santé et des sciences et technologies. C'est une des principales universités de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Elle est implantée à Bordeaux ou dans sa banlieue (notamment au domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan), à Agen et à Périgueux.

Son statut actuel date du 1er janvier 2014, mais son origine remonte au Moyen-Âge.

Historique

L'université sous l'ancien régime

Le sceau de l'université de Bordeaux entre 1441 et 1793


En 1441, la ville de Bordeaux qui était à l'époque sous mouvance anglaise, ce qui créait un obstacle aux "escholier" pour pouvoir se rendre à l'université de Paris, désira créer sa propre université. A la demande de l'archevêque de Bordeaux, le pape Eugène IV crée un studium générale (théologie, droit, médecine et arts) sous l'autorité de Pey Berland. Après la guerre de Cent Ans, l'Aquitaine revient à la France et l'université passe peu à peu sous le contrôle du pouvoir royal. Mal équipé et sans traditions, cet organisme n'eut qu'un faible rayonnement. Nombre d'étudiants bordelais allaient, comme Michel de Montaigne, suivre les cours de l'Université de Toulouse ou de Montpellier. En réaction à l'insuffisance du collège des arts de l'université, la Jurade crée le Collège de Guyenne en 1553.

François de Foix fonde une chaire de mathématiques en 1591.

L'université ne connaît pas de développement lors de la Renaissance, et en 1709, Laplace écrit au contrôleur général des finances: "Le Collège des lois de Bordeaux est entièrement désert et abandonné par la négligence des professeurs du droit à y faire leur devoir". L'opposition entre le collège des Jésuites et l'université ne cesse de s'accroître jusqu'à la suppression de la Compagnie de Jésus. A partir de 1713, l'académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux constitue le pôle savant et artistique de la ville.

En 1793, la Convention supprime les universités. L'école centrale de Bordeaux, qui la remplace est inaugurée le 4 mai 1796 dans les bâtiments du collège de Guyenne.

L'université au XIXe siècle et XXe siècle

Empires et Restauration

Les facultés sont rouvertes par Napoléon, elles constituent la partie de l'enseignement supérieur dans l'Université de France (grande administration de l'éducation). Durant la monarchie de Juillet, de nombreuses facultés sont ouvertes, amis elles se contentent d'assurer la collation des grades. Le 31 octobre 1815, dix-sept facultés des lettres, dont celles de Bordeaux, sont supprimées.

La faculté de théologie, inaugurée en 1808, n'a d'abord que trois chaires. Il fallut attendre 1847 pour qu'elle recouvre les six chaires qu'elle avait avant la Révolution. A partir de 1839, elle est installée dans les mêmes locaux que les facultés de lettres et de sciences.Les cours sont interrompus entre 1848 et 1853.Le cardinal Donnet s'est employé à faire venir des professeurs compétents. La faculté est supprimée en 1855.

Le 23 janvier 1838, le conseil municipal de Bordeaux accepte la proposition de Salvandy de créer à Bordeaux des facultés des sciences et des lettres. L'ordonnance du 24 août 1838 rétablit la faculté des lettres et créé celle des sciences. La faculté des lettres est dotée de cinq chaires: philosophie, histoire, littérature ancienne, littérature françaises et, ce qui constitue une innovation, littérature étrangère, celle des sciences, de six chaires: mathématiques pures, astronomie et mathématique rationnelle, physiques, chimie, zoologie et physiologie animale, botanique, minéralogie et géologie. Les deux facultés sont inaugurés le 16 novembre 1839, installées dans une annexe de l'hôtel de ville.Malgré des professeurs de renom comme Francisque Miche, l'activité scientifique de ses facultés est assez faible.

La médecine est enseignée à l'Ecole de médecine et de pharmacie de Bordeaux, fondée par la loi du 26 mars 1829.

Troisième République

Fermée depuis 1793, la faculté de droit est rouverte en 1870. Elle s'installe à proximité de la Cathédrale Saint-André de Bordeaux en 1873. Fernand Faure enseigne l'économie libérale et Léon Duguit le droit international.

L'école de médecine est transformée en faculté de médecine et de pharmacie par la loi du 10 décembre 1874 et le décret du 16 juin 1878. Elle s'installe en 1888 place d'Aquitaine (actuellement place de la Victoire) dans un bâtiment construit par Jean-Louis Pascal (1876-1888, 1902-1922)). Les travaux des professeurs de la faculté ont une grande notoriété (Eugène Azam et Albert Pitres sur l'hypnotisme, Xavier Arnozan sur la dermatologie, Jean-Alban Bergonié sur la cancérologie). Le 13 mai 1879 et le 20 juillet 1880, le conseil municipal adopte le projet de l'architecte Charles Durant visant à transférer les facultés sur le terrain du lycée du couvent des Feuillants, lui-même déplacé au collège des jésuites. Les travaux commencés à la fin 1880 sont terminés au printemps 1885. Le nouveau bâtiment, situé cours Pasteur, est attribué aux facultés le 16 janvier 1886. En 1877, des maîtrises de conférences et de nouvelles chaires sont créées.Le premier titulaire de la chaire d'astronomie physique, Georges Rayet fonde l'observatoire de Bordeaux à Floirac en 1878. Il est rattaché à l'université le 1er janvier 1900. Un professeur de chimie, Ulysse Gayon fonde l'école de chimie en 1891 pour soutenir l'agriculture et le commerce bordelais.

La loi du 18 juillet 1896, due à un ancien professeur de la faculté des lettres de Bordeaux, Louis Liard, constitue l'université de Bordeaux avec ses quatre facultés: lettres, droit, sciences, médecine et pharmacie. Les facultés des lettres compte onze chaires au début du XXe siècle, dont celle d'histoire de Bordeaux et du Sud-Ouest de la France ouvert en 1891 avec l'enseignement de Camille Jullian. Emile Durkheim enseigne la sociologie entre 1887 et 1902.

Au début du XXe siècle, l'université compte quelques milliers d'étudiants et se situe au quatrième rang des universités française. En août 1914, lors de la Première Guerre mondiale, les bâtiments universitaires sont réquisitionnés par le Gouvernement replié à Bordeaux. Pendant l'entre-deux-guerres, les effectifs augmentent d'un peu moins de 50%, l'université de Bordeaux a des liens particuliers avec l'Outre-Mer et ses facultés organisent le baccalauréat pour le Maroc, le Sénégal. Avec la Seconde Guerre mondiale, les locaux abritent à nouveau le Gouvernement. Puis pendant l'Occupation, les bâtiments sont utilisés par les allemands, les étudiants sont menacées par le STO et le régime de Vichy révoque certains professeurs.

Le bâtiment de la faculté de médecine et de pharmacie, place de la Victoire. Le bâtiment abrite aujourd'hui les formations en sciences de l'Homme 





      
Le bâtiment des facultés des sciences et des lettres. Il appartient aujourd'hui au Musée  d'Aquitaine,mais l'inscription "Université de Bordeaux" est encore visible


Le bâtiment de la faculté de droit, Place Pey-Berland. Le bâtiment abrite aujourd'hui le pôle juridique et judiciaire


Après-guerre

Au milieu du XXe siècle, l'université compte 8 000 étudiants, ce qui la situe au deuxième rang des universités françaises derrière Paris. Ils sont répartis entre les facultés de droit (29%), médecine (28%), lettres (23%) et sciences (15%). Au début des années 1960 les effectifs d'étudiants sont à 13 000 et à la veille de 1968 25 000, le nombre d'enseignants augmente lui aussi de manière spectaculaire. De plus la parité de sexe est atteinte en 1968, alors qu'on comptait en 1945 deux fois plus de filles que de garçons chez les étudiants. Face à ces transformations, les locaux deviennent trop petits et la plupart des facultés déménagent vers un nouveau campus: le domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan (sciences en 1960, droit en 1966-67, lettres en 1971). Dans le même temps des annexes s'installent à Pau, mais aussi au Maghreb et aux Antilles. C'est dans ce contexte qu'éclatent les évènements de mai 68. A Bordeaux, les facultés sont occupées, la faculté de lettres est le pôle majeur de la contestation, elle sera occupée jusqu'au 17 juin.

En 1948 fut créé l'institut d'études politiques de Bordeaux (devenu indépendant en 1969). Suivirent l'institut d'économie régionale du sud-ouest et l'institut d'administration des entreprises.

En 1958, les centres hospitaliers universitaires sont créés, et en 1976, la faculté de médecine déménage à proximité de celui-ci, suivi par la pharmacie de 1992 à 2002.

Trois puis quatre université (1970-2013)

La loi d'orientation de l'enseignement supérieur du 12 novembre 1968, dite " loi Edgar Faure" supprime les facultés et réorganise les universités qui sont désormais administrées par des instances élues. Entre 1968 et 1970, l'université de Bordeaux éclate en trois nouvelles universités: Bordeaux-I (sciences, droit, sciences sociales et politiques, sciences économiques et de gestion), Bordeaux-II (médecine, pharmacie) et Bordeaux-III (lettres).

En 1995, l'université Bordeaux-IV (droit, sciences sociales et politiques, sciences économiques et de gestion) est créée après la partition de l'université de Bordeaux-I (qui ne garde que les sciences).

Trois de ces établissements se dotent de nom d'usage en référence à des célébrités bordelaises: Victor Segalen pour Bordeaux-II, Michel de Montaigne pour Bordeaux-III et Montesquieu pour Bordeaux-IV.

En 2000, Bordeaux-I compte 10 722 étudiants, Bordeaux-II 15 175, Bordeaux-III 14 847 et Bordeaux-IV 12681 soit un total de 53 425 étudiants.

 Le bâtiment Biologie Animale à Talence



Bâtiment d'accueil de l'université Bordeaux-III à Pessac



Scolarité de l'université Bordeaux-IV à Pessac


Création de l'université actuelle(2014)

Après la loi de programme pour la recherche de 2006, le PRES "Université de Bordeaux" est créé pour fédérer les universités et d'autres établissements d'enseignement supérieur bordelais. Le PRES remporte des appels nationaux à financements comme le Plan campus en 2008 et des Initiatives d'excellence.

L'idée de fusionner les établissements est évoquée à partir de 2008. Néanmoins l'université Bordeaux-III puis les deux instituts se retirent du projet.

Ainsi, après l'université de Strasbourg en 2009, celles d'Aix-Marseille et de Lorraine en 2012, l'université de Bordeaux est recréée le 1er janvier 2014 après la fusion des universités Bordeaux-I, Bordeaux-II et Bordeaux-IV.

A la suite de la loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche de 2013, le PRES "Université de Bordeaux" devient la communauté d'universités et établissements d'Aquitaine, comme son nouveau nom l'indique, son périmètre géographique est élargi. Le plan Campus, le portage des initiatives d'excellence, la coordination des services offerts aux étudiants et de la politique documentaire sont désormais assurés par l'université de Bordeaux.

Organisation

Le président de l'université, élu pour quatre ans, assure la direction de l'université. Il est assisté d'un bureau.Il préside le conseil d'administration et le conseil académaique.

Au niveau intermédiaire, l'université de Bordeaux se compose de collèges de formation et de départements de recherche. Alors que traditionnellement les universités étaient organisées avec, d'une part les unités de formation et de recherche (UFR) et d'autre part les "instituts et écoles", la modification du code de l'éducation par la loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche de 2013 a introduit une certaine souplesse dans la structuration des établissements.
L'université comprend des services généraux et des services communs.

L'institut d'études politiques de Bordeaux et l'institut polytechnique de Bordeaux sont "associés" à l'université de Bordeaux.

L'université de Bordeaux fait partie de la communauté d'universités et établissements d'Aquitaine (Comue), permettant , sur la base d'un projet partagé, la coordination des offres de formation et de la stratégie de recherche et de transfert. Sur cette base, un seul contrat d'établissement est conclu entre la Comue et le ministère. La fondation Bordeaux Université a pour membres fondateurs les membres de cette communauté.

Collèges de formation

Les collèges regroupent des composantes de formation internes (UFR, écoles, instituts, unités ou départements de formation).


Collèges et composantes de formation internes
Droit, science politique, économie, gestion
Sciences de la santé
Sciences et technologies
Sciences de l’Homme
.Faculté de Droit et science politique
.Institut du Travail
.Faculté d’Economie, gestion et AES
.Institut d’administration des entreprises (IAE)
.Département des langues
.UFR de Sciences médicales
.UFR de Sciences Pharmaceutiques
.UFR des Sciences Odontologiques
.Institut de Santé Publique, d’Epidémiologie et de Développement
.Institut du thermalisme
.UF de Biologie (masters)
.UF Sciences chimiques
.UF Mathématiques et interactions
.UF Informatique
.UF Physique
.UF Sciences de l’ingénieur
.UF des Sciences de la terre et environnement
.UF de Biologie (licences)
.Département Licence
.Département des langues, lettres et communication
.UF d’Anthropologie
.UF de Psychologie
.UF des Sciences de l’éducation
.UF des Sciences et techniques des activités physiques et sportives
.Faculté d Sociologie
.Département des langues et cultures


Instituts universitaires de technologie et départements

IUT de Bordeaux
IUT de Bordeaux Montesquieu
IUT de Périgeux
.Département gestion administrative et commerciale
.Département qualité logistique industrielle et organisation
.Département génie mécanique et productique
.Département génie électrique et informatique industrielle
.Département hygiène, sécurité et environnement
.Département informatique
.Département mesures physiques
.Département science et génie des matériaux
.Département génie civil
.Département carrières juridiques
.Département gestion des entreprises et administrations
.Département gestion logistique et transport
.Département techniques de commercialisation
.Département carrières sociales
.Département génie biologique
.Département génie chimique
.Département techniques de commercialisation


L'école supérieure du professorat et de l'éducation de l'académie de Bordeaux (qui a succédé à l'école normale et à l'institut universitaire de formation des maîtres) est une composante de l'université. Ce rattachement est provisoire car l'école doit a terme être rattaché à la Comue Aquitaine. Elle dispense un enseignement dans le cadre du master MEEF (Sciences pour les métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation) et se décline en huit spécialités d'enseignement, accessibles en formation initiale ou continue. Les 1200 étudiants en master sont répartis sur les six sites de formation implantés dans chaque département de l'académie.Le siège de l'ESPE d'Aquitaine est situé à Mérignac.

Enfin l'institut de la Vigne et du Vin est une composante, assimilée à une UFR, qui a pour missions de favoriser les échanges entre toutes les disciplines concourant au développement de la connaissance dans le domaine de la vigne et du vin, il coordonne et promeut l'offre de formation, la recherche, l'attractivité internationale ainsi que la valorisation de ses différentes activités.

Départements de recherche

Les départements de recherche regroupent des unités de recherche (équipes d'accueil et unités mixtes de recherche).

Départements de recherche de l’université
Sciences et technologies
Sciences de la vie et de la santé
Sciences humaines et sociales
27 unités de recherche dont

.15 UMR CNRS
.1 UMR INRA
46 unités de recherche dont

.9 UMR CNRS
.14 UMR INSERM
.4 UMR INRA
16 unités de recherche dont

.4 UMR CNRS

Implantations

Le campus de Talence, dédié aux sciences, est construit par René Coulon entre 1955 et 1961. La place disponible à l'époque a permis de faire éclater l'implantation des constructions, en spécialisant les bâtiments pour chaque discipline, le cadre naturel est préservé et des plages d'extensions ont été prévues. Ainsi le campus actuel montre des constructions de différents époques, les précautions prises dans les années 1950 étant bien justifiées. A Pessac, le campus de droit et de sciences économiques a été construit entre 1965 et 1967. En 2008, le PRES université de Bordeaux a été retenu parmi les six premiers projets du Plan campus. Grâce à cette opération et à d'autres sources de financement, le domaine universitaire commence une importante restructuration.

Autres sites dans l'agglomération bordelaise

L'université est aussi installé dans le centre de Bordeaux, à la place de la Victoire, où ont lieu les formations en sciences de l'Homme, d'Odontologie et en Sciences et Modélisation.Le site de Carreire, situé à proximité de l'hôpital Pellegrin, l'un des trois groupes hospitaliers formant le CHU de Bordeaux, accueille les formations de biologie, de médecine et de pharmacie. Ce campus a été construit entre 1967 et 1970.

Des bâtiments ont été construits plus récemment comme le pôle universitaire des sciences de gestion dans le quartier de la Bastide, où se trouvent l'Institut d'administration des entreprises et des départements de l'IUT.

L'université est aussi installé dans l'agglomération: à Mérignac (institut de maintenance aéronautique), à Floirac (Observatoire de Bordeaux), sur le domaine de la Grande Ferrade à Villenave-d'Ornon (institut des Sciences de la Vigne et du Vin).

Le campus de Carreire est à proximité de l'hôpital Pellegrin




L'institut de la Vigne et du Vin est situé à Villenave-d'Ornon



Château Bourran à Mérignac, siège de l'école supérieure du professorat et de l'éducation



L'observatoire de l'université, à Floirac


Autres sites dans la région Aquitaine

L'université dispose également de campus à Agen (sciences et droit) et à Périgueux (droit et IUT). Des antennes délocalisée se trouvent à Arcachon (station marine), aux Eyzies (centre d'anthropologie et de préhistoire), à Dax (institut du thermalisme), sur le site de l'INRA et le campus de la Nive, à Bayonne, (IUP Sport, Management et Gestion des Entreprises, dans les locaux del'Université de Pau et des Pays de l'Adour).

Personnalités liées à l'université

.Doyens de la faculté de lettres: Desèze (1809)-Rabanais (1838)- Dabas (1851)- Roux (1875)- Espinas (1887)-Stapfer (1890)-Radet (1899)-Dresch (1919)-Cirot (1922)

.Doyens de la faculté de sciences: Geoffroy Saint-Hilaire (1838)- de Collegno (1839)-Abria (1845)-Lespiault (1886)-Rayet (1893)-Brunel (1896)-Gayon (1900)-Padé (1905)-Picart (1908)-Fallot (1918)-Cousin (1924)- Dupont (1930)

.Doyens de la faculté de droit: Amédée Couraud (du 10 février 1871 au 20 février 1886)-Gabriel Baudry-Lacantinerie ( du 26 février 1886 au 1er novembre 1903)- Henri Monnier (du 16 novembre 1903 à avril 1919)- Léon Duguit (du 23 avril 1909 au 18 décembre 1928)-Georges Ferron (du 17 janvier 1929 à septembre 1935)-André Ferradou (d'octobre 1935 à septembre 1940)-Roger Bonnard (du 28 septembre 1940 au 18 janvier 1944)-Henri Vizioz (du 20 janvier 1944 au 1er août 1948)-Robert Poplawski (du 12 janvier 1949 au 8 août 1953)-André Garrigou-Lagrange (du 22 septembre 1953 au 19 octobre 1962)-Joseph Lajugie (du 19 octobre 1962 au 1er juillet 1968)

.Présidents de l'université: Manuel Tunon de Lara (depuis janvier 2014).

Communauté d'universités et établissements d'Aquitaine

Logo de la communauté d'universités et établissements d'Aquitaine
Logo de la communauté d'université et établissements d'Aquitaine


Fondation: 21 mars 2007 (PRES)-1er avril 2015 (statut actuel)

Type: Communauté d'universités et établissements (EPSCP)

Ville: Bordeaux

Administrateur: Vincent Hoffmann-Martinot



La communauté d'université et établissements d'Aquitaine est un regroupement d'établissements d'enseignement supérieur et de recherche de la région Aquitaine.

Historique

1997: Pôle universitaire de Bordeaux

Le pôle universitaire de Bordeaux (statut de groupement d'intérêt public) est créé en 1997.

2007: PRES Université de Bordeaux 

 Logo du PRES Université de Bordeaux


La loi de programme pour la recherche de 2006 permet aux établissements de se regrouper sous la forme d'un pôle de recherche et d'enseignement supérieur (PRES). Ainsi l'université de Bordeaux (statut d'établissements public de coopération scientifique) est créé en 2007. Il regroupe les quatre universités bordelaises, l'école nationale supérieure d'électronique, informatique et radiocommunications de Bordeaux, l'école nationale supérieure de chimie et de physique de Bordeaux, l'institut d'études politiques de Bordeaux et l'école nationale d'ingénieurs des travaux agricoles de Bordeaux.

En 2009, l'institut polytechnique de Bordeaux nouvellement créé (fusion de l'école nationale supérieure de chimie et de physique de Bordeaux, de l'école nationale supérieure d'électronique, informatique et radiocommunications de Bordeaux et de quatre autres écoles universitaires) devient membre du PRES. Une fondation universitaire est également créée.

Le PRES remporte des appels nationaux à financements comme le Plan campus en 2008 et les initiatives d'excellence ("Grand Emprunt" ou "Investissements d'avenir") en 2011.

L'idée de fusionner les établissements est évoquée à partir de 2008. Néanmoins l'université Bordeaux-III (lettres, langues, sciences humaines) puis les deux instituts se retirent du projet.

2015: Communauté d'université et établissements d'Aquitaine


Le siège de la communauté d'universités et établissements d'Aquitaine est situé au 166, cours de l'Argonne à Bordeaux


La loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche de 2013 supprime les PRES et instaure les communautés d'universités et établissements (ComUE). Au même moment, l'université de Bordeaux est recréée par la fusion de Bordeaux-I (Sciences et technologies), Bordeaux-II (Santé, sciences de l'homme, sport et oenologie) et Bordeaux-IV (Droit, Sciences politiques, sciences économiques, sciences sociales, sciences de gestion et management). L'opération Campus, le portage des programmes d'investissement d'avenir, la coordination des services offerts aux étudiants et de la politique documentaire seront désormais assurés par l'université de Bordeaux.

Le PRES devient la communauté d'universités et établissements d'Aquitaine (statut d'établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel), dont les statuts entrent en vigueur le 1er avril 2015.

Membres

Les membres fondateurs de la communauté d'universités et établissements d'Aquitaine sont:

.Université de Bordeaux

.Université Bordeaux Montaigne

.Université de Pau et des Pays de l'Adour

.Bordeaux INP

.Sciences Po Bordeaux

.Bordeaux Sciences Agro

Les membres associés sont:

.Centre hospitalier universitaire de Bordeaux, 

.Institut Bergonié (Centre régional de lutte contre le cancer),

.CROUS de Bordeaux Aquitaine,

.Centre national de la recherche scientifique,

.Ecole nationale supérieure d'architecture et de paysage de Bordeaux, 

KEDGE Business School,

Ecole supérieure des technologies industrielles avancées (ESTIA),

Ecole nationale de la magistrature,

Ecole nationale supérieure d'arts et métiers-centre de Bordeaux (ENSAM),

Ecole des beaux-arts de Bordeaux

Actions menées

La communauté assure les missions suivantes:

.piloter la stratégie numérique à l'échelle de la région Aquitaine,

.coordonner l'offre de formation et la stratégie de recherche et de transfert de ses membres à l'échelle de la région Aquitaine,

.organiser la coordination territoriale des établissements d'enseignement supérieur membres et partenaires à l'échelle de la région Aquitaine,

.élaborer avec le réseau des oeuvres universitaires et scolaires un projet d'amélioration de la qualité de la vie étudiante et de promotion sociale sur le territoire, en associant l'ensemble des établissements partenaires,

.porter le volet commun du contrat pluriannuel conclu avec la ministre chargée de l'enseignement supérieur sur la base du projet partagé.

Fondation Bordeaux Université

Une fondation universitaire est créée en décembre 2009 au sein du PRES puis de la ComUE. Elle est présidée par Jean-René Fourtou de 2009 à 2014 puis par Christophe Blanchard-Dignac. En juillet 2014, elle prend la forme juridique d'une fondation de coopération scientifique.

Ses missions sont:

.accompagner la professionnalisation des formations et l'insertion des diplômés

.soutenir et promouvoir la recherche d'excellence 

.augmenter l'attractivité du campus bordelais 

.renforcer la dimension internationale de l'Université de Bordeaux

L'institut hospitalo-universitaire LIRYC est porté par la fondation.
  



  
   

Education

Enseignement supérieur

Communauté d'universités et établissements d'Aquitaine

Université de Bordeaux

Université Bordeaux Montaigne

Université de Pau et des Pays de l'Adour (UPPA), dispose de plusieurs sites: Pau, Bayonne, Tarbes et Mont-de-Marsan

Secteur tertiaire

Fontaine Chaude ou Source de la Nèhe à Dax

Le patrimoine architectural, gastronomique, culturel et naturel de l'Aquitaine attire de nombreux touristes. Biarritz et Arcachon sont des stations balnéaires à la réputation déjà ancienne. Mais le tourisme balnéaire tend à gagner toute la côte et concerne encore Hendaye, Saint-Jean-de-Luz, Capbreton, Hossegor, Vieux-Boucau-les-Bains, Mimizan-Plage, Biscarosse-Plage, Lacanau et Soulac. La renommée de territoires tels le Pays basque, le Périgord, la Dordogne, le Bordelais n'est plus à faire et il en est de même pour des espaces naturels tels que la dune du Pilat, les plateaux calcaires du Quercy, les Landes de Gascogne et les Pyrénées.

Le thermalisme a une importance économique à travers les onze stations thermales que compte l'Aquitaine, en particulier à Dax (la première ville thermale de France) et Saint-Paul-lès-Dax. 

La répartition des emplois est fonction de la taille des villes

Sur environ 100 000 emplois dans le secteur de la construction, 81 000 se localisent, selon le recensement de l'INSEE, dans les aires urbaines. Il ne peut en être autrement tant le BTP relève de qu'on dénomme une activité présentielle mise en oeuvre localement pour satisfaire la population résidente ou de passage. A ce titre, la carte de l'emploi dans le BTP au sein des aires urbaines est une copie parfaite de celle de la hiérarchie urbaine.

Encore une fois, avec près de 34 000 emplois, la métropole régionale domine toutes autres agglomérations d'Aquitaine puisque Pau et Bayonne suivent avec 7 000 à 8 000 emplois chacune, devançant elles-mêmes largement les villes moyennes suivantes: Périgueux, Agen, Bergerac, Dax (2 000 à 3 000 chacune)....L'aire urbaine de Bordeaux seule représente 1/3 de l'emploi total du secteur de la construction en Aquitaine, mais la part de Bordeaux rapportée à l'ensemble des unités urbaines grimpe à plus de 40%. Les trois premières unités urbaines d'Aquitaine, Bordeaux-Pau-Bayonne, regroupent la moitié des actifs du BTP et cette part s'envole à 61% quand on ne considère que l'ensemble des unités urbaines. Dernière observation qui conforte les précédentes, les neuf premières unités urbaines d'Aquitaine totalisent 65% des emplois du secteur de la construction et concentrent 80% de l'emploi du BTP dans les aires urbaines.

La suprématie de Bordeaux doit se mesurer également qualitativement en liaison avec la présence de directions régionales pour les plus grandes entreprises du BTP. Ainsi, Vinci qui est le leader mondial dans ce domaine dispose de quatre directions régionales: Vinci Energies, Vinci Facilities, Vinci construction et Eurovia. Il n'est pas fortuit d'observer que le groupe s'est installé à Mérignac en relation avec l'offre de bureaux dans cette commune et la proximité de l'aéroport. Ajoutons qu'Eurovia contrôle désormais l'entreprise Signature à Urrugne. Bouygues immobilier dont le siège est dans un immeuble des bassins à flots et DV Construction localisée à Mérignac. Enfin, Eiffage est très présent dans l'aire urbaine de Bordeaux avec huit établissements dont deux directions régionales, celle de l'énergie et de la Construction. Ajoutons, que l'entreprise locale Fayat participe à ce rayonnement de Bordeaux.

Les emplois du BTP par aires urbaines en Aquitaine en 2008


Selon l'INSEE, entre les recensements de 1999 et 2008, le secteur de la construction a créé 24 000 emplois. Il s'agit d'une période particulièrement faste venant après la crise du début des années 1990 alors que le dernier recensement ne prend pas en compte les effets de la crise financière et économique actuelle. Rares sont les aires urbaines qui perdent des emplois pendant cette même période et il s'agit de petites aires urbaines comme Lesparre, Salies-de-Béarn ou encore Miramont-de-Guyenne. Si toutes autres enregistrent des gains, on notera que le solde est d'autant plus favorable que la taille de l'aire urbaine est importante. Ainsi, l'aire urbaine de Bordeaux a accru ses effectifs dans le BTP de 11 500 emplois, suivis par les aires urbaines de Bayonne (2 600), Pau (1 800), Périgueux et Agen (1 000 chacune). Non seulement l'agglomération bordelaise concentre pratiquement la moitié des nouveaux emplois apparus entre 1999 et 2008, mais les cinq premières aires urbaines en totalisent presque les trois quarts.

Pour autant, la part du secteur de la construction est en général inférieure à 10% de l'ensemble des actifs même si cette part a progressé dans presque toutes les aires urbaines sous l'effet d'un double mécanisme: augmentation des emplois dans le BTP et recul des effectifs dans l'industrie. Il conviendrait également de faire pour chacune des aires urbaines une analyse fine pour dégager le dynamisme d'une ou plusieurs entreprises locales. Un classement des aires urbaines en fonction du pourcentage des emplois du secteur de la construction dans le total de l'emploi fait ressortir que son poids est d'autant plus fort que l'aire urbaine est de taille modeste. Quatre aires urbaines comptent 10% et plus d'emplois dans le BTP: Mussidan (20%), Tonneins et Souillac (12% chacune) Biscarosse et Aiguillon (10 à 11% chacune). Dans les très grandes aires urbaines, la part du BTP est de 7% en moyenne.
  

Principales caractéristiques de l'emploi dans le BTP

En 2009, le BTP réalise un chiffre d'affaires de plus de 6 milliards d'€, emploi un peu plus de 97 000 personnes dont 77 300 salariés. On compte par ailleurs 28 350 entreprises dont la moitié environ ne dispose pas de salariés. Le poids du secteur de la construction est stable dans l'économie et l'emploi en Aquitaine. Il progresse même ces dernières années avec le maintien de la demande, mais demeure en dessous de 10% de l'emploi total.

En considérant l'évolution de l'emploi sur le long terme, on observe que le secteur de la construction retrouve les niveaux atteints à la fin des années 1960 et au début des années 1970, tant en ce qui concerne l'emploi total que le nombre de salariés. Toutefois, la récession qui s'installe progressivement à partir de 1975 et qui s'aggrave dans la décennie 1980, met en difficulté les entreprises qui avaient la taille de petites PME dans un secteur où l'artisanat domine. Bien des affaires ont disparu dans la tourmente et ce sont souvent les petites villes moyennes qui ont été le plus exposées. De leur côté les entreprises nationales du BTP ayant installé des agences en Aquitaine ont-elles aussi réduit leur voilure au cours de cette période. 

En 2009, le bâtiment et les travaux publics se différencient dans le rapport entre le nombre d'entreprises et les effectifs salariés. En effet, les chantiers exigent des compétences qui ne se trouvent souvent que dans des groupes de taille nationale ou dans les PME locales. Aussi, les travaux publics se caractérisent par un petit nombre d'entreprises, moins de 400, qui utilisent un peu plus de 5 000 salariés. A l'inverse, le bâtiment se définit par une atomisation des entreprises, tout en créant des emplois salariés dans quelques branches de la construction. La moitié des entreprises du bâtiment n'ont pas de salariés, 43% utilisent de 1 à 9 salariés et seulement 6% des établissements disposent de plus de 10 salariés. Le secteur de la construction demeure celui ou l'artisanat et la très petite entreprise joue un grand rôle. Cette différenciation est relative pour les entreprises identifiées TP car les plus importantes interviennent à la fois dans les TP et dans le bâtiment proprement dit.

Les effectifs salariés de la construction se répartissent en trois grandes catégories d'importance très inégale. Les métiers de la production totalisent, en 2009, près de 55 000 salariés dont près de 10 000 dans la maçonnerie. Techniciens et encadrement de chantiers mobilisent près de 10 000 salariés, les techniciens comptent pour un tiers de ce total, suivis par les chefs de chantiers et les conducteurs de travaux. A noter le petit nombre d'ingénieurs, moins de 500. Enfin, la profession emploie des administratifs et des commerciaux, plus de 10 000 salariés en 2009. Il s'agit presque exclusivement d'administratifs puisque les commerciaux sont moins de 1 000.

Les métiers de la production dans la construction se dispersent en 19 branches, sans compter que certains salariés n'entrent dans aucune de ces catégories. Cette spécialisation très importante des corps de métiers explique aussi en partie l'importance des artisans qui travaillent seuls, dans la construction, l'aménagement et l'entretien des maisons et des appartements. Comme mentionné, ce sont les maçons qui sont les plus nombreux: près de 5 000 entreprises en Aquitaine, dont une moitié sans salariés, et 8 200 salariés en 2009. Viennent en seconde position, pour le nombre de salariés, 4 000, mais également par le nombre d'entreprises, les peintres en bâtiment, le caractère artisanal est encore plus prononcé que pour la maçonnerie tant est important le nombre d'artisans sans salariés. Suivent ensuite, avec de 2 000 à 3 000 salariés chacun, électriciens, menuisiers, charpentiers et conducteurs d'engins.

L'Aquitaine compte tout de même quelques grandes entreprises dans le BTP. Les quatre premières par le chiffre d'affaires de 100 à 200 millions d'€ sont toutes des agences de grand groupe qui coiffent un territoire correspondant au Grand Sud-Ouest depuis Bordeaux. En fait, il faudrait ajouter à ces quatre, l'entreprise SPIE (Société parisienne pour l'industrie électrique) basée à Toulouse pour la gestion du Grand Sud de l'Atlantique à la Méditerranée.

En ce qui concerne les grands groupes qui ont choisi d'installer à Bordeaux leur bureau régional, on relève dans l'ordre Eiffage TP et construction, DV Construction filiale régionale de Bouygues Construction, SCREG Sud-Ouest filiale de Colas et Eurovia filiale de Vinci. Ces deux dernières affaires étant plus spécialisées dans les réseaux routiers. A noter que SCREG est née en Gironde à l'initiative d'un commerçant bordelais qui a créé en 1917 la Société Chimique de la Gironde qui proposait un bitume pour les routes. C'est en 1964 que la firme devient SCREG (Société chimique routière et d'entreprise générale) en raison de son ouverture vers les TP. La crise pétrolière pousse ensuite la SCREG à intégrer un plus grand groupe en passant sous le contrôle de Colas.

Le groupe girondin Fayat appartient à ses grandes entreprises et réalise désormais hors de l'Aquitaine l'essentiel de son activité. L'entreprise est née à Libourne après la Seconde Guerre mondiale. Par croissance interne, mais surtout externe en prenant le contrôle d'autres affaires du BTP dans les autres régions françaises notamment en Île-de-France (Razel et ses 4 500 salariés), en Languedoc et en PACA, Fayat est devenu un groupe qui se classerait en quatrième position en France derrière Vinci, Bouygues et Eiffage. Le groupe Fayat, présent aussi à l'international, compte plus de 15 000 salariés, dont les deux tiers opèrent dans ce qui reste le coeur du métier de la firme, la construction et les TP.

Parmi les autres grandes entreprises du BTP, relevons deux affaires principalement régionales: IGC et Mas. Elles ont un chiffre d'affaires voisin de 80 millions d'€ et emploient de 200 à 400 salariés. IGC, installée à Beychac-et-Caillau sur la RN89, se définit comme un constructeur de maisons individuelles (près de 1 500 en 2010). A l'origine de Mas, la construction d'infrastructures industrielles sur le bassin de Lacq. Cette firme spécialisée dans les travaux publics, s'est ensuite diversifiée dans la construction, élargissant sa zone géographie au Grand Sud de la France et un peu à l'étranger. Avec 400 salariés en Aquitaine et plus de 700 au total, ce groupe est un des plus importants parmi ceux qui ont une identité régionale.
       

Le BTP, une activité très liée à la demande

Composant de l'activité industrielle et toujours traitée dans ce cadre, le secteur de la construction selon la dénomination actuelle de l'INSEE, présente une belle complexité et se place à l'articulation entre l'industrie proprement dite et les services. Notons tout d'abord que certaines branches industrielles déjà analysées précédemment ont un lien très fort avec le BTP. C'est plus particulièrement le cas du travail du bois mais également de la partie de la métallurgie qui aliment le secteur de la construction. Au sein même du secteur de la construction, le caractère industriel est indéniable chaque fois que les entreprises livrent des infrastructures exigeant une forte technicité. D'autres en revanche, comme les métiers qui participent à l'équipement et à la fonctionnalité du logement, sont très proches des services.

Même si une part de l'activité du BTP dépend des financements nationaux, voire européens s'agissant de grands projets structurants, il n'en reste pas moins que ce secteur de la construction est très dépendant de la demande locale. Pour la clarté de l'analyse il convient d'aborder séparément l'activité bâtiment et celle des travaux publics. 

En ce qui concerne le bâtiment, le dynamisme de l'activité repose principalement sur la production de logements neufs (37%) et la rénovation des logements anciens (32%). Le reste, soit 31% relève de la production d'autres formes de constructions neuves (agriculture, industrie, commerces et services) et de leur réhabilitation. En 2010, les mises en chantier pour des constructions individuelles s'élevaient à près de 15 000. S'y ajoutaient un peu moins de 8 000 logements en habitat collectif. Soit un total de 22 400 logements pour l'Aquitaine, en baisse de 2% par rapport à l'année précédente. Car, le secteur de la construction est particulièrement sensible à la conjoncture financière et économique et les crises que nous connaissons depuis 2008 se sont immédiatement traduites dans la production de logements. En effet, en 2006 et 2007, les mises en chantier portaient sur 30 000 logements par an.

Sans chercher l'exhaustivité au sujet des évolutions enregistrées en Aquitaine depuis les années 1950, il est possible de dégager quelques grandes tendances. Lesquelles trouverons une traduction dans l'évolution des effectifs que nous aborderons ci-après. Le secteur de la construction a connu une croissance très soutenue depuis le début des années 1950 jusqu'à 1975. Interviennent en effet une série de facteurs très favorables dont la reconstruction du pays, l'urbanisation associée à l'exode rural et l'amélioration du niveau de vie des Français dans cette phase de croissance économique. Aussi, entre 1954 et 1976, il a été construit plus de 400 000 logements en Aquitaine à un rythme de plus en plus soutenu: moins de 4 000 logements annuellement dans les années 1950, plus de 20 000 au début des années 1970. Il est vrai que les grands programmes à l'origine des grands ensembles dans les principales agglomérations d'Aquitaine jouent un rôle majeur dans cette production de logements. Durant cette phase l'habitat collectif arrive à représenter près de 80% des réalisations.

Après 1975, le secteur de la construction est fortement influencé par la série de crises qui affectent l'économie. Toutefois, la principale évolution tient au recul de l'habitat collectif face à la demande de maisons individuelles dans un périmètre urbain de plus en plus élargi. Ce phénomène affecte toutes les villes de l'Aquitaine. Désormais, les constructions individuelles dominent largement, le collectif ne totalisant en moyenne qu'un tiers de la production de logements.

Mais il est une troisième évolution favorable à l'Aquitaine, la forte croissance du nombre de résidences secondaires. Si cette tendance s'observe partout, y compris dans certaines régions de l'intérieur de l'Aquitaine et à ce titre l'est du Périgord en a largement profité, il demeure que c'est le littoral aquitain qui est le principal bénéficiaire face à face à cette demande. Le bassin d'Arcachon totalise plus de 20 000 résidences secondaires, on en compte un peu moins de 10 000 à Biarritz. Avec 5 000 résidences secondaires viennent ensuite Lacanau, Biscarosse, Capbreton, Saint-Jean-de-Luz et Hendaye. Outre la satisfaction de la demande en provenance de l'étranger (notamment au Pays basque et dans le sud des Landes) et du territoire national, on peut y voir surtout l'effet de proximité de la capitale régionale pour les stations touristiques les plus proches.

Les travaux publics (TP) dépendent très fortement des investissements des collectivités territoriales, l'Etat tenant désormais une place infime (moins de 10% en moyenne). C'est le résultat des politiques de déconcentration administrative et de renforcement des compétences des Régions et des Départements. Certes, l'investissement privé est loin d'être négligeable puisqu'il approche 30% des investissements, mais c'est bien les grands travaux financés par les collectivités qui assurent le dynamisme des entreprises de TP.

La typologie des grands chantiers fait ressortir la place des travaux routiers, de 35% à 39% selon les années durant la période 2006-2008. Cette part est en progression régulière depuis le début des années 2000 en raison de la prise en charge des réseaux par les collectivités territoriales. L'entretien du réseau routier existant occupe une place essentielle et quelques grands projets sont annoncés, telle la liaison autoroutière de Salles à Saint-Geours-de-Maremme dans le cadre d'une délégation de service public pour un montant de 400 millions d'€ et une livraison à l'horizon 2015. En seconde position dans les grands chantiers de TP, on trouve les ouvrages d'art et les grands travaux de terrassement souvent liés aux routes. Parmi les ouvrages d'art, signalons le pont levant en construction à Bordeaux sur la Garonne permet de relier Bacalan à La Bastide d'un coût de près de 100 millions d'€, livré en 2013.

Les autres grands chantiers comprennent les opérations sur les réseaux d'eau et d'assainissement, les réseaux électriques. Si les programmes portant sur les lignes ferroviaires sont restés modestes jusqu'en 2008, les travaux préparatoires à l'arrivée de la LGV à Bordeaux ont fourni du travail aux entreprises de TP, en attendant que soient arrêtés définitivement les tracés de la LGV en direction de Toulouse et du Pays basque et le début des travaux initialement prévus en 2013 dans leur première phase pour un coût global estimé à près de 20 milliards d'€.
   

Le bâtiment et les travaux publics

Le secteur de la construction, constitué par les activités dans le bâtiment et les travaux publics, occupe une place non négligeable en Aquitaine avec environ 100 000 emplois, dont près de 80 000 salariés, et quelque 28 000 entreprises. La construction est très sensible à la conjoncture économique, pénalisée par les crises économiques mais porté tout de même par la croissance de la population en Aquitaine et la demande de logements qui en résulte, de même que par les investissements des collectivités et des entreprises en ce qui concerne les travaux publics.

L'industrie dans les agglomérations de Pau et Bayonne

Les deux grandes agglomérations de Pau et Bayonne mobilisent 13 000 actifs de l'industrie chacune. C'est quatre fois moins que Bordeaux et cet écart est proche de celui obtenu quand on prend compte la population totale. Cependant, dans le cas de Pau, il semble judicieux d'ajouter les 1 700 emplois de l'aire urbaine de Mourenx, car les deux entités ont assis une grande partie de leur développement sur le gisement de Lacq.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on ne comptait à Pau que neuf entreprises de plus de 100 salariés opérant dans les industries traditionnelles.Mais la venue d'entreprises parisiennes et surtout l'essor du gisement de Lacq ont changé la donne. L'agglomération de Pau en y incluant l'aire urbaine de Mourenx associe des industries de production dans le domaine de la chimie sur le bassin de Lacq proprement dit et de l'aéronautique, mais également une potentialité dans le domaine de la recherche, le fleuron en étant le centre de recherche technique et scientifique de Total. Comme à Bordeaux, les entreprises industrielles ont quitté Pau pour les communes de l'aire urbaine. L'industrie agroalimentaire est bien représentée à Lons, à Lescar (siège d'Euralis une des plus importantes coopératives d'Aquitaine) et à Jurançon. L'industrie aéronautique et spatiale se localise principalement dans les communes de Bordes (siège de Turbomeca) d'Arudy et Bidos. Les implantations industrielles se réalisent également vers le nord profitant de la présence de l'aéroport et la nouvelle autoroute. Serres-Castet fixe de nombreuses entreprises de mécanique de précision livrant à l'aéronautique tandis que Sauvagnon dispose d'activités plus diversifiées. Au sein de l'aire urbaine de Mourenx, comme dans la communauté d'agglomération de Pau, l'heure est à la diversification des activités. Les projets portés par les collectivités territoriales visent à donner aux entreprises les services dont elles ont besoin et à développer les hautes technologies afin de permettre au tissu industriel local de se renouveler.

En 2010, la région paloise a réussi à obtenir le label Pôle de compétitivité national pour son projet "Avenia". Il s'agit d'une tentative de fédérer les entreprises opérant dans le domaine des géosciences, bien présente dans le bassin de Lacq et l'agglomération de Pau. Ce pôle vise à concilier deux enjeux majeurs pour la France: l'indépendance énergétique et le développement durable. Trois axes sont plus particulièrement privilégiés: le développement responsable des énergies fossiles, le stockage géologique du CO2 et le stockage souterrain de l'énergie.

Comme Pau, Bayonne a peu d'entreprises industrielles sur le territoire communal. Parmi des entreprises de dimension plutôt modestes, seul Plastitube approche 200 salariés.Les activités industrielles se localisent principalement sur la rive droite de l'Adour, notamment à Tarnos et au Boucau, mais également à Anglet qui la jouxte au sud. Deux secteurs industriels dominent. Celui des industries métallurgiques est lié à la présence du port. Prenant la suite d'une longue tradition sidérurgique, une aciérie littorale s'est implantée en 1996 (capitaux espagnols) et est alimentée par des ferrailles importées par le port de Bayonne. Si une partie des installations de cette aciérie déborde sur Tarnos en territoire landais, les activités industrielles de cette commune sont nettement plus diversifiées toujours en lien avec le port. Toutefois, Tarnos second secteur industriel dominant de l'aire urbaine de Bayonne. En effet, outre Turbomeca à Tarnos, Anglet bénéficie de la présence de deux établissements de Dassault ainsi que de plusieurs entreprises sous-traitantes. Au total, l'aire urbaine de Bayonne totalise 13 000 emplois industriels essentiellement concentrés dans la communauté d'agglomération de Bayonne et pour une part plus faible à Saint-Jean-de-Luz.

Les projets industriels s'appuient sur le développement des hautes technologies et sur les liens avec la recherche. Ces projets sont désormais portés par la communauté d'agglomération Côte Basque-Adour. De manière générale, l'agglomération veut renforcer les zones technopolitaines, notamment trois d'entre elles. Izarbel à Bidart regroupe 90 entreprises, trois laboratoires et des outils d'aide à la création d'entreprise innovante. Technocité à Bayonne est orientée vers l'aéronautique, le spatial et les systèmes embarqués. Le campus technopolitain éconstruction à Anglet vise à mettre en oeuvre les directives du dernier Grenelle Environnement.

L'industrie dans l'agglomération de Bordeaux

Certes, la contraction des emplois est nette par rapport aux années 1970 où on relevait quelque 65 000 actifs dans l'industrie dans les limites de la CUB (communauté urbaine de Bordeaux). A cette date, l'activité industrielle était concentrée dans les vingt-sept communes de la CUB. Même en prenant l'aire urbaine qui aujourd'hui reflète mieux les dynamiques urbaines de la métropole, il manque 15 000 emplois. Cependant, cette perte doit être relativisée car les services aux entreprises ont progressé si bien que ce secteur concentre aujourd'hui plus de 70 000 emplois dans l'agglomération de Bordeaux et devancent ainsi nettement la branche industrielle au sens strict.

La force de l'agglomération bordelaise réside dans la croissance de sa population, ce qui favorise le dynamisme des entreprises qui répondent à l'augmentation des produits locaux (dans le jargon des économistes, il s'agit d'économie résidentielle) et dans la présence d'un environnement favorable pour des entreprises qui opèrent sur les marchés étrangers et plus soumises à la concurrence: transports variés et diversifiés, universités dotées de laboratoires de recherche, services aux entreprises, etc. Malgré tout, l'industrie de l'agglomération bordelaise a connu de nombreuses fermetures d'entreprises, principalement dans les industries de la personne. Pas seulement, puisque l'implantation de Solectron dans les années 1970 s'est achevée sur une faillite. Reste aussi à fédérer les différents acteurs d'une filière qui souvent ont des attaches parisiennes voire européennes. Au développement des technopoles succède aujourd'hui la politique des pôles de compétitivité mise en place par l'Etat. Bordeaux peut se targuer de participer ou de piloter quatre projets. Nous avons déjà évoqué le Pôle de compétitivité mondial, "Aerospace Valley" réunit des entreprises de Toulouse et de Bordeaux opérant dans l'aéronautique, l'espace et les systèmes embarqués. Si cela conforte la place aéronautique de Bordeaux, le fonctionnement de ce pôle de compétitivité en montre également les limites car l'essentiel des forces et des emplois mobilisés se trouvent à Toulouse ( plus de 5 000 salariés dont la moitié de cadres contre 800 à Bordeaux) et on saisit mieux le caractère contraignant de la domination de l'aéronautique militaire dans la métropole de l'Aquitaine. Profitant du développement en cours du Laser Mégajoule (LMJ), les collectivités territoriales soutiennent un pôle de compétitivité "Route des lasers" fondé sur la recherche et ses applications en s'appuyant sur le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et sur une cinquantaine d'entreprises mobilisant quelque 700 salariés. 


Bien des nouveaux projets s'inscrivent territorialement dans les franges de l'aire urbaine qui dispose des terrains nécessaires. A ce titre, Canéjan et Cestas s'affirment de plus en plus, au même titre que les communes situées le long de l'A10 (dite "L'Aquitaine"), l'A89 (dite "La Transeuropéenne") et dans une moindre mesure la RD 936. Le CEA est installé au Barp. Pour autant, les paysages industriels hérités du XIXe siècle, essentiellement le long de la Garonne sur sa rive droite, ou résultant des phases d'aménagement de la seconde moitié du XXe siècle, à proximité de la rocade, impriment leur marque dans la métropole bordelaise tout en enregistrant un certain nombre de mutations. Ainsi, si la plupart des zones industrielles aménagées en relation avec les principaux échangeurs sur la rocade concentrent toujours une part importante des activités industrielles, leur tertiarisation est souvent très avancée au rythme du recul de l'industrie et de l'attrait commercial des échangeurs. A Floirac comme à Bordeaux, le long des berges de la Garonne, l'emprise industrielle s'efface au rythme des fermetures d'entreprises et de la mutation d'anciennes friches. Enfin, le bec d'Ambès apparaît de plus en plus enclavé ce qui freine son renouvellement tandis que le complexe aérospatial, proche de l'aéroport, est débordé sur ses flancs par la poussée d'une urbanisation qui s'avance vers le littoral.

jeudi 11 février 2016

Les territoires industriels de l'Aquitaine

En étudiant les grandes branches des activités industrielles, nous avons pu observer que la localisation des industries dépendaient à la fois des héritages souvent liés à l'existence de ressources locales (matières premières mais aussi main-d'oeuvre disponible), aux profondes évolutions au regard de la mondialisation et de la concurrence qu'elle induit et surtout à la nécessité de développer des activités de haute technologie qui dépendent des potentialités en matière de recherche mais aussi de services.

Tous ces éléments éclairent la nouvelle carte des territoires industriels en Aquitaine: le poids de l'agglomération bordelaise, le rôle majeur joué par les principales villes, le déclin prononcé, souvent inexorable, de l'industrie dans les plus petites villes et le monde rural.

Nombre d'emplois industriels par aires urbaines en Aquitaine en 2008


Avant de poursuivre, il faut aborder une autre évolution dans les localisations à l'intérieur des espaces urbains. La fermeture des usines les plus anciennes insérées dans les quartiers centraux, l'apparition de zones industrielles dans les années 1980 en relation avec les politiques d'aménagement dans les agglomérations pour profiter des espaces disponibles dans les communes limitrophes, l'attractivité des grandes voies autoroutières, autant de facteurs qui poussent à analyser les territoires industriels en prenant en compte les aires urbaines. Ces dernières permettent de mieux prendre en compte les dynamiques dans les franges des agglomérations et ainsi de mieux mesurer la part de chacune des villes dans l'emploi industriel total.

Selon l'INSEE, l'Aquitaine disposait d'environ 150 000 emplois industriels. La cinquantaine d'aires urbaines en regroupait un  peu plus de 130 000, soit près de 90% du total. Au sein de ces aires urbaines, la métropole bordelaise écrase toutes les autres par le volume des emplois industriels qui s'y concentrent, soit un peu plus de 52 000 ou encore 35% du total des actifs dans l'industrie dans la Région. Suivent, avec quatre fois moins de personnes, les deux principales villes moyennes, Pau et Bayonne. Ces trois aires urbaines, Bordeaux-Pau-Bayonne, rassemble un peu plus de la moitié des emplois dans l'industrie (53%). Si on prend en compte les cinq premières aires urbaines en ajoutant aux trois premières, les préfectures d'Agen et de Périgueux qui ont respectivement 5 600 et 4 000 emplois, on atteint quasiment 60% du total des actifs de l'industrie en Aquitaine. En élargissant aux dix premières (les cinq suivantes sont Bergerac, Oloron-Sainte-Marie, Marmande, Villeneuve-sur-Lot et Mont-de-Marsan) on arrive à 68%. Ainsi, les dix premières aires concentrent les deux tiers des emplois industriels. La corrélation entre la taille des villes et l'importance de l'emploi industriel est évidente sauf dans deux cas: Oloron-Sainte-Marie est mieux classée quant au nombre d'emplois industriels alors qu'Arcachon est en retrait ce qui aisément compréhensible en raison de sa vocation touristique.

Une seconde corrélation peut être établie: plus les agglomérations urbaines sont importantes (dans leur zonage en aire urbaine) moins les actifs de l'industrie sont représentés en pourcentage de la population active totale. Le classement, en relation avec la part de l'industrie dans l'emploi total, place en première position avec 40% la très petite ville d'Hagetmau dans les Landes (5 000 habitants dans son aire urbaine). En seconde position on trouve Saint-Seurin-sur-l'Isle avec 33% d'emplois dans l'industrie. Suivent ensuite une dizaine d'aires urbaines pour lesquelles la part de l'industrie est comprise entre 20 et 30%. Parmi elle on relève des petites villes depuis longtemps qualifiés d'industrielles: Mourenx, Mauléon, Nontron, Mimizan, Fumel, Oloron-Sainte-Marie, Terrasson-Lavilledieu. Un fort taux d'emplois dans l'industrie par rapport à une moyenne nationale à 13% ne signifie pas que les effectifs sont importants. Seules Oloron-Sainte-Marie, Mourenx et Fumel comptent plus de 1 000 actifs dans l'industrie. Mais toutes dépendent encore fortement du petit nombre d'entreprises qui les animent et procurent des emplois. On se trouve le plus souvent en position de mono-industrie. C'est dire si les restructurations en cours frappent de plein fouet les petits centres industriels de l'Aquitaine, le plus souvent insérés dans le milieu rural. Ce sont des bassins d'emplois qui dépérissent et des bassins de vie qui se contractent jusqu'à perdre des bassins de vie qui se contractent jusqu'à perdre des habitants.

Le cas de Fumel (Lot-et-Garonne) fournit le meilleur exemple des effets dévastateurs des restructurations industrielles sur la dynamique d'un petit bassin d'emplois représentatif des modalités de formation d'un appareil industriel fondé sur des ressources locales et une main-d'oeuvre disponible, grossi ensuite par des flux migratoires. Les avantages du site (proximité de gisement de fer et de charbon) se révèlent aujourd'hui un handicap en raison de l'éloignement de Fumel des grands axes de circulation. Malgré les efforts de la Région et des collectivités locales les créations d'emplois ne sont pas assez nombreuses. Aussi l'aire urbaine de Fumel a perdu de la population, ce qui est probablement le seul cas en Aquitaine. Après un pic de 17 000 habitants en 1975, les pertes de population se succèdent si bien que l'aire urbaine de Fumel compte 14 248 habitants en 2008, soit à peu près autant qu'en 1962. Les difficultés récentes des "Paquets Marty" aggrave la santé économique de cette petite ville industrielle.

Bien d'autres exemples permettraient de montrer que les petits centres industriels encore très actifs dans les années 1970 ont vu disparaître leurs entreprises et les emplois. Moins de 500 personnes travaillant encore dans l'industrie àCasteljaloux, Miramont-de-Guyenne, Tartas. Les fermetures récentes dans l'industrie du meuble à Hagetmau ne sont pas encore totalement prises en compte dans les données de l'INSEE en 2006, mais il est certain que les prochains recensements souligneront la gravité des derniers événements dans la "capitale du meuble".

De très nombreuses petites villes n'ont jamais eu d'activités industrielles importantes dans le passé. En raison de leurs activités dans le commerce et les services rendus dans leur bassin de vie, les taux d'emplois dans l'industrie restent inférieurs à la moyenne française. La plupart ont entre 10 et 12% d'actifs dans l'industrie: La Réole, Ribérac, Orthez en sont des exemples. Certaines comptent moins de 10% d'emplois industriels: Lesparre, Langon, Peyrehorade. Biscarosse dans les Landes enregistre le plus faible taux: 3,2%.

A contrario, si les villes moyennes, celles qui ont 20 000 habitants et plus, concentrent les emplois industriels proportionnellement à leur taille, la part de l'industrie dans l'ensemble des activités reculent régulièrement et se situe en dessous de la moyenne en France. En effet, à l'exception de la petite ville moyenne de Marmande (16,7% d'actifs dans l'industrie), toutes les autres possèdent un taux inférieur à 13%. Si Pau et Bayonne ont un taux proche de la moyenne de la France, ce taux n'est plus que de 10% dans l'aire urbaine de Bordeaux, alors même que la métropole de l'Aquitaine totalise plus de 50 000 emplois dans l'industrie.

Il s'agit d'une évolution inéluctable, résultat de l'accroissement rapide des emplois tertiaires dans les villes. Mécaniquement le taux d'actifs dans l'industrie recule en raison de l'emploi qui stagne voire décline alors que le tertiaire continue de progresser en volume. Ce qui permet de relativiser le déclin de l'industrie dans les plus grandes villes de l'Aquitaine, principalement les trois plus importantes: Bordeaux, Bayonne et Pau. En effet, une partie des emplois en relation avec l'industrie se retrouve dans les services rendus aux entreprises. Si on intègre ces actifs à ceux de l'industrie on retrouve des effectifs presque aussi importants que dans les années 1975.

Il n'en reste pas moins que l'emploi industriel recule, y compris dans les grandes villes. Sur la période 1999-2008, les données de l'INSEE permettent de dégager un solde négatif de près de 3 000 salariés. Le recul des emplois industriels dans l'aire urbaine de Bordeaux, -1 836 sur la même période, participe fortement à ce déclin industriel. Outre Bordeaux, les pertes les plus élevées en emplois industriels s'observent dans les aires urbaines d'Orthez (-690), Bayonne (-440), Nérac (-413), Tonneins (-378), Hagetmau (-368), Souillac (-366) et Fumel (-265) pour s'en tenir à celles qui perdent plus de 200 emplois.

Une autre moitié des aires urbaines connaît, selon l'INSEE, un solde positif des emplois industriels entre 1999 et 2008. Certes, cela ne gomme pas les pertes durant les périodes antérieures, mais ces soldes positifs témoignent du dynamisme de quelques villes moyennes, y compris de petites villes. Sur cette période c'est Agen, préfecture du Lot-et-Garonne qui enregistre le gain le plus important (+561) suivi par Pau (+527). Avec de 200 à 300 emplois en plus, viennent Mont-de-Marsan, Bazas, Blaye et Capbreton. Marmande, Mourenx, Arcachon, Périgueux et Libourne ont un solde positif compris entre 100 et 200 personnes.

Ces variations négatives ou positives ont peu d'effets sur la concentration des emplois industriels dans quelques aires urbaines. Celles de Bordeaux, de Pau et de Bayonne rassemblent 52% des actifs de l'industrie en Aquitaine. Mais la suprématie de Bordeaux est incontestable avec un peu plus de 50 000 personnes oeuvrant dans l'industrie.
    

Les industries de la personne

Si le déclin de l'emploi dans les filières du bois apparaît important, c'est de sinistre qu'il faut parler pour traiter des industries de la personne: 45 000 emplois en 1954, soit autant que les industries métallurgiques, à peine 4 000 en 2008 et la baisse pourrait se poursuivre. Cette évolution négative a commencé dès les années 1960 en raison de la concurrence toujours plus forte de la production étrangère parce que les industries de la personne en Aquitaine étaient elles aussi fondées sur des avantages de main-d'oeuvre pour une production plutôt de bas de gamme.

Il s'agissait d'un industrie fortement présente dans la plupart des villes, y compris l'agglomération de Bordeaux. Toutefois, pour plusieurs petites villes, il s'agissait d'une mono-activité créatrice de nombreux emplois. Citons les activités lainières à Oloron-Sainte-Marie, les usines de chaussures à Mauléon, Hasparren, Miramont-de-Guyenne, Neuvic et Nontron. Dans toutes ces petites villes, la contraction de l'emploi a été très forte en quelques années. Ainsi Oloron-Sainte-Marie comptait une dizaine d'affaires familiales faisant travailler 1 200 personnes, dès 1975, il n'y en avait plus que cinq et seulement 350 ouvriers et aujourd'hui pratiquement plus rien. Même évolution dans toutes les petites villes liées à la fabrication de chaussures puisque actuellement elles ont perdu leurs entreprises, souvent très importantes par les effectifs. Plus de 800 emplois supprimés chez Soussial à Miramont-de-Guyenne, plus encore (près de 2 000 emplois dans les années 1960) à l'usine Marbot (groupe Bata) de Neuvic qui a fermé définitivement en 2010 alors qu'il ne restait plus que 73 ouvriers. Les fermetures pour faillites et relocalisation dans les pays où la main-d'oeuvre était meilleur marché sont tout aussi nombreuses dans les plus grandes villes. Ainsi, il ne reste plus grand-chose des industries de la personne dans l'agglomération de Bordeaux. Le dernier conflit le plus médiatique concerne la décision d'un fonds de placement de fermer l'usine Arena de Libourne qui fournissait des maillots de bain, près de 150 emplois disparaissent en 2006.

Désormais, seules sept entreprises dépassaient la centaine de salariés dans les industries de la personne au milieu des années 2000 et aucune n'en a plus de 200. Deux d'entre elles, Bidegain SA et Tonon Laburthe sont localisés dans les Pyrénées-Atlantiques, deux dans les Landes, une à Blanquefort dans l'agglomération de Bordeaux et deux en Dordogne à Saint-Cyprien et Nontron. Les temps sont difficiles et l'emploi continue de se contracter, puisque dans le cas de Teton SA à Saint-Cyprien, il y a maintenant moins de 70 ouvriers et il en est de même pour Tonon Laburthe à Pontacq.

Les industries de la filière bois

Les industries du bois en Aquitaine en 2008

La filière bois est constituée de deux grands types d'activités qui utilisent principalement le bois de la forêt des Landes et secondairement celui de la Dordogne. Les industries de la première transformation (pâte à papier, sciage, tranchage, etc...) sont très souvent le fait d'entreprises de taille importante pour réaliser des opérations qui nécessitent de forts investissements. Les industries de seconde transformation (papier/carton, meubles, menuiserie et contreplaqués, etc..) ne nécessitent pas autant de moyens. Elles sont donc plus dispersées géographiquement et aux mains d'entreprises de dimension plus réduite, voire artisanale.

Si les industries de la filière bois tiennent une place importante dans les industries de l'Aquitaine et ont fait l'objet, régulièrement, de projets soutenus pas les autorités nationales et régionales, elles n'en demeurent pas moins soumises à de très fortes tensions liées à la concurrence internationale, au changement de la mode surtout surtout dans le bâtiment et le mobilier, aux conséquences des tempêtes sur le massif forestier.

Ces tensions expliquent l'évolution des effectifs de la filière. Près de 27 000 emplois en 1954 et 36 000 en 1975, l'année du maximum. Depuis, le recul est constant, les plans sociaux se succèdent dans les entreprises de sciage et de seconde transformation qui sont les plus affectées par les évolutions du marché, tandis que dans l'industrie du papier la tendance est à la réduction des emplois pour s'adapter à la concurrence internationale. Dès le début des années 1990, la filière retombe à 24 000 emplois, dont environ 6000 dans le papier et le carton et 18 000 dans les autres secteurs de la filière. En 2008, les industries du bois totalisent à peine 17 000 emplois, en fait moins de 13 000 si on n'inclue pas le secteur de l'imprimerie, notamment les employés du journal Sud Ouest. Un peu moins de 3 000 personnes participent à la fabrication de pâte à papier alors qu'un peu moins de 10 000 oeuvrent dans la fabrication d'articles en bois dans des entreprises qui huit fois sur dix comptent moins de 10 salariés. Le recul est constant et spectaculaire, il devrait malheureusement se poursuivre tant la conjoncture actuelle est défavorable.

L'industrie papetière fournit des pâtes à partir de sous-produits du bois (coupes d'éclaircies et connexes de scieries) et de plus de papiers recyclés. Si une douzaine d'établissements participent à cette production, quatre dominent ce secteur marqué par la concentration et la présence de grands groupes de dimension internationale. Cette branche a été longtemps dominée par le groupe Cellulose du Pin filiale de Saint-Gobain (usines de Condat-sur-Vézère, Facture et Tartas), avant de se désengager au profit de groupes étrangers.

Créée à l'est de la Dordogne au début du XXe siècle, l'usine de Condat-sur-Vézère est aujourd'hui une filiale du groupe papetier européen Lecta spécialisé dans la fabrication de papier couché pour l'édition publicitaire et les beaux livres. Sa capacité est de plus 500 000 t/an et elle emploie près de 800 salariés. L'usine Smurfit-Cellulose du Pin de Facture occupe une place importante dans le dispositif de production de papier kraft à partir de fibres vierges de pin maritime: un peu plus de 500 000 t/an en mobilisant 450 personnes.Le groupe irlandais Smurfit a récemment fusionné avec le néerlandais Kappa ce qui entraîne des restructurations dont le site girondin n'a pas à souffrir pour le moment. L'établissement papetier de Gascogne Paper à Mimizan est de taille identique, également spécialisé dans la livraison de papier kraft mais se veut aussi un nouvel acteur des papiers couchés spéciaux. Cette unité est intégrée dans le groupe régionale Gascogne très diversifié dans la filière bois. Enfin, l'usine de Tartas, propriété du groupe canadien Tembec depuis 1999, emploie 250 personnes et fourni 150 000 t/an de deux types de pâtes: BIOFUF à usage sanitaire et BIOFLOC à usages multiples et à valeur ajoutée plus grande.

Une partie de la production de pâte à papier est utilisé sur place pour la fabrication d'articles en papier ou carton. Cette activité mobilise 1 500 personnes environ, dans des établissements de moyenne dimension, filiales le plus souvent des grands groupes papetiers.L'usage le plus fréquent est celui de l'emballage (cartons ondulés et sacs).

L'emballage en bois est également une spécificité de l'Aquitaine. On estime que 1 800 salariés environ fournissent des emballages pour le transport sous la forme de palettes, de caisses et autres emballages industriels, mais également des produits d'emballage en relation avec l'activité viticole locale (barriques et caisses à vin). L'entreprise la plus importante, spécialisée dans la livraison de palettes, est Beynel-Manustock dont la création à Belin-Beliet remonte à 1945. Cette PME de plus de 250 salariés a ouvert d'autres établissements, dont récemment celui du Teich. Toutefois, pour être en mesure de faire face aux investissements de cette croissance, Beynet-Manustock vient d'entrer en 2009 dans le groupe PGS (Palette Gestion Services) leader français dans cette activité.

L'industrie des panneaux de bois fabrique des contreplaqués, des panneaux de particules et des panneaux de fibres destinés aux autres secteurs de la filière bois comme l'ameublement, mais aussi en direction du bâtiment. Une dizaine d'entreprises donnent du travail à un millier de salariés. Deux de ces PME appartiennent à de grands groupes.La société autrichienne Egger a pris en 1994 le contrôle de la fabrique de panneaux à Rien-des-Landes. Encore plus importante, avec plusieurs établissements, GascogneWood, filiale du groupe Gascogne, ne se contente pas de livrer des panneaux, élargissant son activité aux autres secteurs de la filière bois.

Gascogne Wood est notamment présent dans la fabrication de menuiserie, de lambris, de parquets, dont la destination est le bâtiment tant pour la construction que pour l'aménagement. On estime que la branche charpente et menuiserie industrielle en bois rassemble un peu plus de 3 000 salariés, tandis que les parquets-lambris et moulures, un des secteurs phares de la région compte un peu plus de 2 000 emplois. On peut y ajouter l'ameublement et ces 1 000 travailleurs. Ce sont ces différentes branches qui souffrent le plus des crises à répétition, de la concurrence des autres matériaux (plastiques et aluminium). Si les petites, voire très petites entreprises, sont nombreuses, il existait tout de même quelques PME de plus 400 salariés. Elles sont aujourd'hui en faillite ou en grande difficulté. C'est le cas de Capdevielle à Hagetmau (Landes) qui a déposé son bilan et c'est en même temps tout le savoir faire local en matière d'ameublement qui disparaît car Hagetmau pouvait apparaître comme la "capitale" de l'ameublement en raison des nombreuses usines y opérant. Autre symbole de ces difficultés, les parquets Marty localisés près de Fumel (Lot-et-Garonne) connaissent toute une série de plans sociaux pour essayer de sauver une affaire qui donnait du travail à plus de 500 personnes au milieu des années 2000, c'est Tarkett France qui reprend l'usine, ne conservant que 130 ouvriers.

La filière bois est suffisamment importante pour obtenir l'appui des collectivités territoriales tout au long des dernières années. Ainsi, s'explique l'obtention du label Pôle de compétitivité national pour le projet "Xylofutur" dont la vocation principale est de faire émerger des projets innovants au profit de la totalité de la filière. Ce pôle compte 143 membres actifs dont 16 grandes entreprises, des centres de recherches.
  

Chimie, pharmacie et plastique

Les industries chimiques en Aquitaine en 2008

L'essor de la production d'électricité, la découverte et l'exploitation du gisement de gaz de Lacq ont permis le développement d'une industrie chimique en Aquitaine. Cependant, on retiendra l'échec des projets d'une plateforme chimique fondée sur le pétrole importé et sur l'usage de l'électricité. La crise pétrolière du milieu des années 1970, suivi d'une crise économique, a condamné l'opération. En outre, l'arrêt de la production de gaz naturel dans le gisement de Lacq provoque une recomposition des activités chimiques. Dans le même temps, trois établissements assurent l'essor de l'industrie pharmaceutique: deux (Labaz et Sarget) s'implantent dans l'agglomération de Bordeaux, UPSA à Agen.

Cette histoire conditionne la localisation actuelle de l'industrie chimique et para-chimique. Deux grands foyers s'imposent, celui de l'agglomération bordelaise et surtout l'ensemble allant du sud des Landes au gisement de Lacq qui associe les entreprises héritières de l'industrie de la gemme et celles fondées sur le pétrole et le gaz de Lacq. En dehors de ces deux pôles, seuls émergent les sites de Bergerac et Agen. 

Malgré l'épuisement du gisement de gaz naturel, la fermeture de la centrale thermique, le bassin de Lacq conserve une industrie chimique dominée par la chimie de base assortie d'une diversification en chimie fine. Il est possible de distinguer quatre plateformes au sein de ce que certains considèrent comme un complexe chimique. Le site de Mont est spécialisé dans les matières plastiques. Total, qui a pris le contrôle d'Elf d'Aquitaine, reste présent sur la plateforme de Lacq. Sur la commune de Pardies sont valorisés les produits et sous-produits du gaz naturel. Enfin Mourenx accueille plutôt des entreprises orientées dans la chimie fine. Cet ensemble est traversé par des restructurations, le fait le plus marquant étant la fermeture en 2009 d'Acetex, principale usine du bassin de Lacq. Pour autant l'existence d'un complexe autorise des espoirs, la presse annonçant fin 2011 la venue du japonais Toray qui pourrait installer une unité de production de fibre de carbone.

Entre Soustons et Dax dans le sud des Landes, plusieurs établissements interviennent dans la chimie de base et la parachimie. Trois d'entre eux comptent plus de 200 salariés. Variplast Packaging France, implanté à Soustons, est spécialisé dans les emballages en plastiques pour l'industrie agroalimentaire. MLPC International, à Rion-des-Landes, filiale d'Arkema, est orienté dans la production d'agents de vulcanisation pour le marché de la transformation du caoutchouc. Finalement, seule la société DRT, localisée à Dax dès 1932, toujours aux mains de capitaux familiaux, conserve une activité héritée de la transformation de gemme. Mais l'approvisionnement se fait dans le monde entier, le groupe a deux usines en Asie et l'essentiel des ventes se fait à l'international.

Le pôle chimique bordelais est le plus diversifié, plus orienté désormais dans la parachimie et la pharmacie que dans la chimie de base. Cette dernière se concentre plutôt sur les bords de la Garonne de Bassens à Ambès. Outre la production d'engrais, la principale unité est l'unité est l'usine Simorep filiale de Michelin qui livre depuis 1964 du caoutchouc synthétique aux usines du groupe Michelin. De 20 000 tonnes par an au début, on est passé à 150kt/an ce qui mobilise près de 400 salariés. Une partie de l'industrie chimique satisfait la demande du complexe aérospatial. C'est notamment le cas de la SNPE spécialisée dans la production de poudre et d'explosifs implantée à Mérignac, une des plus importantes usines de l'agglomération avec un millier de salariés. Trois des plus importants laboratoires pharmaceutiques ont connu des fortunes diverses. Né de l'esprit d'entreprise d'un pharmacien local, les laboratoires Sarget localisés à Mérignac ont été intégrés dans le groupe allemand Degussa qui lui fournissait le sargénol et lui ouvrait le marché de la Bétadine, avant d'appartenir désormais au groupe suédois Meda AB. Labaz à Ambarès, aujourd'hui propriété de Sanofi, est une usine de fabrication et de conditionnement de formules sèches et de produits injectables sous formes d'ampoules. Enfin, CEVA Santé Animale à Libourne, fort de plus de 500 employés, initialement créé par Sanofi, aujourd'hui propriété de ses salariés, est (selon la société) le neuvième groupe pharmaceutique vétérinaire mondial.

Bergerac a été pendant longtemps animé par l'activité de l'usine Bergerac NC appartenant au groupe SNPE, orientée dans la production de nitrocellulose. Progressivement la production s'est contractée et les emplois aussi. En 2011, la SNPE devait vendre son unité à la société espagnole Maxam, ce qui devrait se traduire par une perte d'une centaine d'emplois.

La situation est diamétralement différente à Agen où l'entreprise UPSA (Union Pharmaceutique des Sciences Appliquées) fondée par un médecin local (le docteur Camille Bru), vendue au groupe américain Bristol-Myers Squibb (BMS) en 1994, demeure un des plus gros employeurs local et régional avec 1 400 salariés.Deux usines et une plate-forme logistique permettent de livrer sur le marché toute la gamme des antalgiques depuis l'aspirine et le paracétamol jusqu'à la morphine. Depuis 1994, le groupe américain a investi régulièrement dans ses deux unités agenaises qui livrent la moitié de leur production à l'exportation.
    

   

Les autres activités industrielles

Comme pour les industries agroalimentaires, les ressources locales interviennent dans le développement de l'industrie chimique et les industries du papier et du bois, tandis que les industries de la personne ont bénéficié principalement de la main-d'oeuvre locale. Toutefois, ces différentes branches ont également en commun de totaliser des effectifs salariés moindres, moins de 20 000 pour la chimie-pharmacie et papier-bois, moins de 5 000 pour les industries de la personne littéralement sinistrées. Enfin, si la chimie et la pharmacie ont maintenu le niveau de leur activité sans jamais être capable de prendre de l'importance malgré l'approvisionnement régional, les industries du bois et du papier ainsi que les industries de la personne sont particulièrement sensibles à la concurrence internationale, ce qui se traduit par un recul régulier des emplois et de nombreuses crises parmi les établissements les plus importants. 

mardi 9 février 2016

Les industries agroalimentaires (IAA)

Selon les sources, DRAAF (Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt) ou INSEE, le potentiel de l'industrie agroalimentaire est sensiblement différent. En 2006, la DRAAF considérait que les IAA mobilisaient un peu plus de 20 000 salariés répartis dans 4 000 entreprises. En 2008, l'INSEE avance des données sensiblement différentes: près de 900 entreprises et près de 30 000 salariés. Deux années d'écart ne peuvent suffire à expliquer cet écart. Cela tient à ce que les deux organismes ne prennent pas en compte les mêmes bases pour effectuer ce recensement. Ainsi, la base d'Agreste que gère la DRAAF écarte les métiers de la boulangerie ou les charcutiers. Quoi qu'il en soit, avec de 20 000 à 30 000 salariés selon l'option retenue, les IAA restent une activité fondamentale en Aquitaine.

Les industries agroalimentaires en Aquitaine en 2008


Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Bordeaux constituait le principal foyer de concentration de l'industrie agroalimentaire en Aquitaine en relation avec ses activités portuaires: huileries, raffineries du sucre, spiritueux, chocolateries, sécheries de morue, fabriques de pâtes alimentaires, etc. Ce potentiel s'est rapidement délité pour deux raisons essentielles: l'évolution de l'activité du port et son recul par rapport à d'autres ports français ou européens, la concentration des IAA au profit d'autres localisations comme dans la biscuiterie. Parallèlement, le reste de l'Aquitaine jusqu'alors cantonné à des petites entreprises, l'évolution de la demande, de l'action des pouvoirs publics et du rôle des organismes coopératifs de plus en plus puissants.


Répartition des salariés de l'industrie agroalimentaire par départements de l'Aquitaine en 2008


Sans qu'on puisse en faire une règle absolue, le développement des industries agroalimentaires a été réalisé en s'appuyant sur les spécificités locales. Nous avons déjà mentionné le rôle du trafic portuaire sur l'installation d'IAA dans la métropole régionale et plus secondairement dans les environs de Bayonne. Pour le reste du territoire aquitain, il ressort que l'industrie de la viande et du poisson est dominante dans le sud des Landes et le nord des Pyrénées-Atlantiques, que celle de la boisson est fortement représentée en Gironde, celle des fruits et légumes est bien une spécificité du Lot-et-Garonne, tandis que l'industrie laitière est marquée sur le piémont pyrénéen. Seule la transformation des farines et celle de la confiserie sont plus dispersées.

Les principaux secteurs de l'industrie agroalimentaire en Aquitaine en 2008


Une dizaine d'affaires émergent dans l'industrie agroalimentaire en Aquitaine, dont six réalisent plus de 200 millions d'€ de chiffre d'affaires en 2008 et ce sont également celles qui emploient le plus de salariés, jusqu'à 1 000 pour deux d'entre elles: Lindt et Labeyrie. Ces sociétés importantes détonnent dans une activité industrielle où la petite taille est le plus souvent la règle. En effet, deux tiers des entreprises comptent moins de dix salariés tandis qu'elles sont moins de 100 à disposer de 50 salariés et plus. En évoquant quelques-unes des établissements les plus importants il est possible de comprendre leur insertion à partir des productions locales, leur essor qui n'a pu être assuré qu'en s'adossant à un plus grand groupe. C'est seulement pour cette raison que nous détaillerons un peu leur histoire.

Il existe finalement bien des points communs entre Labeyrie et Delpeyrat, deux entreprises agroalimentaires qui ont fait du foie gras la base de leur développement tout en se diversifiant surtout dans le poisson pour la première et vers les plats cuisinés pour la seconde. Deux entreprises aux mains désormais de deux puissantes coopératives agricoles du sud de l'Aquitaine, Lur Berri et Maïsadour. Le fondateur de Labeyrie a créé son entreprise à Saint-Geours-de-Marenne en 1946, n'hésitant pas à se rendre sur les marchés de Bordeaux pour écouler sa production de foie gras et de saumon de l'Adour. Pierre Delpeyrat saisit dès 1890 l'opportunité que représente "l'appertisation" pour vendre des truffes, du foie gras et d'autres spécialisations du Périgord. Toutefois, un siècle plus tard, Delpeyrat se délocalise dans les Landes, principal foyer de production de foie gras, à Saint-Pierre-du-Mont.Les deux entités font plus de 200 millions d'€ de chiffre d'affaires, ont la particularité de vendre surtout aux moments festifs de l'année, principalement pendant les fêtes de Noël, d'écouler prioritairement leur production dans les circuits de la grande distribution. Dernier point commun, ces deux grands coopératives agricoles. C'est en 1998 que Maïsadour prend le contrôle de Delpeyrat qui fusionne à cette occasion avec Sarrade, tout en accroissant la taille de l'affaire en procédant à des achats d'autres entreprises, dans les années 2000, opérant sur des segments proches: plats cuisinés, charcuterie, jambon, etc. En reprenant Comtesse du Barry, produit haut de gamme vendu dans les boutiques, Delpeyrat semble opter aussi pour le haut de gamme. De son côté, Labeyrie avait été vendue en 2004 au groupe agroalimentaire Alfesca d'origine islandaise qui se présentait comme le leader des aliments festifs (foie gras et saumon). Toutefois, dès cette première opération, la coopérative Lur Berri implantée à Aïcirits-Camou-Suhast dans les Pyrénées-Atlantiques était présente à hauteur de 35% et elle fournissait les foies gras à Labeyrie. Profitant de la sortie du groupe Alfesca, Lur Berri vient de porter sa part à 60% et prend donc le contrôle de Labeyrie.

Plus globalement, en dehors des deux sociétés présentées ci-dessus, les industries de la viande se signalent par la vitalité de plusieurs autres entreprises tant par leur chiffre d'affaires que le nombre de leurs salariés. Citons, dans le secteur de la découpe de la viande, "Les Fermiers Landais" à Saint-Sever ainsi que Sobeval à Boulazac.

Si l'essentiel du lait produit en Aquitaine est peu transformé pour être vendu sous une forme conditionnée pour la consommation des ménages, une modeste part est destinée à la production de yaourts ou autres laits fermentée et le reste à la livraison de fromages. Comme la part la plus importante de la production laitière se concentre dans deux départements, Pyrénées-Atlantiques et Dordogne, il n'est pas étonnant que les deux principales fromageries d'Aquitaine s'y localisent elles aussi et toutes deux appartiennent au groupe Bongrain. On sait que le concepteur de cette société en 1956 a fondé sa stratégie sur la commercialisation de spécialités fromagères sur le modèle du Caprice des Dieux. Les deux usines d'Aquitaine s'inscrivent dans ces objectifs. La fromagerie de Marsac-sur-l'Isle livre avec deux autres unités en France des pâtes fraîches comme St Môret et Tartare. La Fromagerie des Chaumes à Jurançon fait partie de ces unités fromagères rachetées par le groupe Bongrain et elle aussi s'inscrit dans un ensemble orienté vers la livraison de produits de caractère tels Saint Albray et Etorki.

Quatre entreprises émergent dans le domaine de la biscuiterie et de la confiserie. Comme dans les autres branches des IAA déjà présentées, elles sont adossés à des groupes puissants, ce qui assure leur pérennité et leur développement face à une concurrence toujours plus forte. Lu compte une usine (500 salariés environ) à Cestas qui est plutôt spécialisée dans la production de biscuits chocolatés. Lu s'est associé dans son dernier investissement à la firme belge Côte d'Or pour livrer un produit destiné plutôt aux adultes. Dans un tout autre registre "Martine Spécialités" basée à Condat-sur-Trincou, de création récente (1984), a opté pour la pâtisserie industrielle ce qui a porté son essor, passant de 30 salariés à près de 500. Toutefois, l'équilibre est souvent fragile malgré la vente de la société à de plus grands groupes, si bien que c'est le management qui gère aujourd'hui l'usine avec l'aide de deux fonds de financement. Enfin, deux chocolateries ont une taille importante. Celle de Bègles est liée à la marque Cémoi depuis la prise de contrôle dans les années 1990 par le groupe Cantalou. Beaucoup plus importante est l'usine Lindt à Oloron-Sainte-Marie (environ 1 000 salariés selon les périodes). Cette usine Lindt est une des plus importantes du monde dans sa double orientation: une livraison régulière tout au long de l'année de tablettes et produits pralinés et une bien plus importante production saisonnière pour les fêtes de Noël. De ce fait, le plein emploi est atteint durant l'été parce que c'est à ce moment que se prépare les livraisons pour la fin de l'année.

Plusieurs entreprises implantées sur les terres viticoles de la Gironde assurent l'élevage du vin et la mise en bouteille. Une de ces sociétés s'impose par l'ampleur de son chiffre d'affaires, proche de 200 millions d'€, "Les caves de Landiras Louis Eschenauer". L'établissement est la propriété des "Grands Chais de France", un des premiers négociants français de vins et d'alcools. Landiras constitue pour le groupe un centre essentiel tirant parti de la proximité du grand port maritime de Bordeaux. L'établissement est installé sur 7 ha, comporte de grandes capacités de stockage et dispose d'une capacité de plus d'un million de bouteilles par jour.

Malgré une importante production de fruits et légumes et la grande spécialisation de la gouttière garonnaise dans ce secteur de l'activité agricole, l'industrie agroalimentaire des fruits et légumes a enregistré un certain nombre de difficultés pour se développer. L'orientation de la profession en faveur de la commercialisation sur les grands marchés de frais comme Rungis a été un obstacle car l'IAA des fruits et légumes exige une continuité dans l'approvisionnement. De ce fait, seules deux firmes ressortent dans cette branche des IAA: Bonduelle Sud Europe basé dans les Landes et surtout "Maître Prunille" localisé à Casseneuil, un des principaux leaders dans la transformation et la commercialisation des pruneaux. Notons aussi la fermeture de la manufacture de tabac de Tonneins en 2000, la perte de plus de 300 emplois a eu des effets très négatifs dans cette petite ville de moins de 10 000 habitants.

Le groupe Olano, transporteur frigorifique, a son siège à Saint-Jean-de-Luz où il emploie une centaine de personnes.

Autres transformations des métaux et équipement mécanique

Si une forte proportion des industries métallurgiques assure des missions de sous-traitance en répondant aux commandes de grands groupes, particulièrement ceux du complexe spatial et aéronautique, il n'en reste pas moins que ces activités ont aussi leur vie propre et répondent aux besoins d'autres activités industrielles. Grâce à une production très variée, allant de la pelle hydraulique ou de la nacelle jusqu'à la cuve d'un réacteur nucléaire, des tôles embouties à des pièces subissant un usinage complexe, des lunettes à la casserole, les équipements de la mécanique et de la transformation des métaux sont sollicités par la plupart des autres activités industrielles, y compris les industries agroalimentaires et apparaissent ainsi indispensables à l'évolution technologique des branches industrielles.

Ces activités de transformation des métaux et de l'équipement mécanique sont le fait de petites entreprises qui majoritairement comptent moins de 50 salariés, souvent pas plus d'une dizaine. Impossible de faire une analyse exhaustive, aussi nous en tiendrons-nous à moins d'une dizaine d'établissements qui émergent en raison de leur taille et de leur savoir-faire.

En ce qui concerne les équipements mécaniques quatre affaires permettent de souligner la variété et les compétences accumulées qui placent certaines en position de leader. Lectra, anciennement "Lectra-système", est une entreprise, fondée au début des années 1970 en Gironde, qui est devenu le leader mondial de solutions textiles en matière de découpe, de conception et de développement. Secouée par la conjoncture et par des erreurs de management, l'entreprise a été recapitalisée, son siège déplacé à Paris, mais une usine de 500 salariés demeure en Gironde. Tout autre est la société Bonnet-Neve, résultat d'une série de regroupement d'affaires, leader dans le domaine des meubles réfrigérés et des unités de réfrigération, qui possède une usine à Hendaye. Lafon SA, simple installation pétrolière a diversifié ses activités pour devenir un spécialiste des automates de distribution de carburants et de stations de lavage. Enfin, JLG France, basé à Feuillet en Lot-en-Garonne, est un des principaux constructeurs de nacelles en Europe.

La diversification des principales entreprises de la transformation des métaux est tout aussi grande et rend difficile une présentation synthétique. Exameca SA, basé à Serres-Castet près de Pau, est un bon exemple de groupe sous-traitant de l'industrie aéronautique, mais également présent dans la tuyauterie et le domaine de la mesure, 350 emplois au total. De taille identique, Signature, installé à Urrugne, appartient au groupe Burelle à la tête de Plastic Omnium et est le spécialiste de la signalisation routière. Plusieurs affaires opèrent dans les constructions métalliques en relation avec l'industrie de la construction. Ainsi Cance (près de 300 salariés) implanté à Nay a débuté dans la serrurerie avant d'élargir ses activités à la menuiserie et aux constructions métalliques. Loubat-Frères à Sainte-Livrade-sur-Lot et Garrigues à Colayrac-Saint-Cirq sont présents sur le créneau des fermetures et menuiseries. D'autres sont orientés maintenance industrielle, tels A2M maintenance métallurgie à Saint-Aubin-de-Blaye, toutefois l'affaire a traversé une sévère crise depuis 2007. Enfin, quelques établissements interviennent dans l'emballage métallique comme Ramondin à Tosse (Landes) et Rexam France localisé à Mont.

La construction automobile n'occupe pas une place importante en Aquitaine, mais la venue de Ford à Blanquefort (agglomération de Bordeaux) au début des années 1970, qui a compté jusqu'à 4 000 salariés, a eu des effets en matière de sous-traitance. L'avenir d'une des deux usines du groupe américain continue de susciter des craintes aussi bien parmi les salariés de la firme que dans tout le tissu économique et chez les politiques. En effet, dès l'origine, une des deux usines a fabriqué des boîtes de vitesse pour le marché américain. Ford fortement touché par la crise économique et financière, mais aussi par l'évolution du marché automobile, a décidé de fermer l'unité de production travaillant pour le marché des Etats-Unis. La mobilisation des acteurs politiques locaux, appuyés par le gouvernement, conduit à la vente de l'usine, en 2009, à la HZ Holding, entité à capitaux allemands, qui s'engage à maintenir au moins 1 600 emplois et à diversifier la production, notamment dans l'éolien. Ford Aquitaine Industrie devient alors First Aquitaine Industrie. En fait, cette solution se révèle assez vite sans avenir, à tel point qu'au printemps 2011, Ford annonce reprendre l'usine de Blanquefort, en préservant moins de 1 000 emplois, parce que la demande est repartie aux Etats-Unis et qu'il existe de nouveaux débouchés avec une nouvelle boîte de vitesse.Les syndicats s'inquiètent cependant de l'avenir de l'usine et constatent que des centaines d'emplois ont été perdus.